5.8.04

rappelles-toi

rappelles-toi toujours
le vide comme la richesse

quand tout se taiera
et que tu ne trouveras
ni l'habit, ni l'ami
ni le logis

souviens-toi du vide
léger
comme unique source

il y aura toujours
des soleils tronqués
à dévoiler

des moteurs tenaces
des ruses à peine aperçues
qui dévasteront les champs
ensemencés d'amour à peine éclos

il y aura toujours
la vengeance aveugle
des donneurs de leçons

il y aura toujours
à rechercher plus loin

comme une source
sans laquelle la vie se ternirait

il y aura toujours
des moissons d'orages sous nos pieds

des regards fatigués à délivrer
des soupirs et des sanglots

des mots trop hauts
et des chuchotements qu'on entends pas

VR
août 1989