rappelles-toi toujours
le vide comme la richesse
quand tout se taiera
et que tu ne trouveras
ni l'habit, ni l'ami
ni le logis
souviens-toi du vide
léger
comme unique source
il y aura toujours
des soleils tronqués
à dévoiler
des moteurs tenaces
des ruses à peine aperçues
qui dévasteront les champs
ensemencés d'amour à peine éclos
il y aura toujours
la vengeance aveugle
des donneurs de leçons
il y aura toujours
à rechercher plus loin
comme une source
sans laquelle la vie se ternirait
il y aura toujours
des moissons d'orages sous nos pieds
des regards fatigués à délivrer
des soupirs et des sanglots
des mots trop hauts
et des chuchotements qu'on entends pas
VR
août 1989