31.7.04

très simple

Très simple, trois fois rien qu'on ne peut voir
un parfum d'immortalité non pas d'éternité ni de surnaturel
quelque chose est là invisible et immortel
rien ne peut l'atteindre
ces quelques mots ne feront que tourner autour
rien qu'une émotion devant cette beauté soudain là comme une étoile filante
flash fulgurant épanouissement jamais soupçonné
une absence de jugement totale
j'écoute les petits bruits familiers de ce pays
le vide le rien et l'absence de tension qui fait croire à l'immobilisme du temps
que rien ne bougera
si l'inactivité est signe d'incapacité, de fatalité...
l'agir perpétuel est une fuite, un système
alors l'être se meurt étriqué, il n'a plus d'air

vsr bamako 1993

exil

Etre là en exil - la force d'avoir tout quitter - comme une mort - la force d'avoir oser mourir à tout ce qui avait été les repères, les balises sécurisantes. 

Ici renaître avec au coeur l'émerveillement de cette croyance venue de nulle part et se suffisant à soi-même, la confiance en ce petit coin d'éternité éphémère et invisible qui parfois nous effleure.



Partie, elle laisse le souvenir d'une plénitude mortelle - présente, elle rend à l'évidence la juste mesure de nos propres limites bornées par notre seul manque à croire en la beauté - une sorte d'obscurantisme négatif négateur par automatisme, de toute forme tremblante de vie comme celle du nouveau né que tous portons en soi sans le savoir. 

Le regard que nous nommons bien souvent l'innocence, comme le signe d'une immense perte et d'un mépris masquant la laîdeur des coeurs meurtris, est une porte ouverte.



Nous ne savons plus faire confiance, nous cherchons à gagner avant tout...Cette perte est d'abord là en préalable,invisible. C'est elle qui nous pousse dans la course aveugle de l'illusion de combler le trou béant de nos incapacités à comprendre la vie..... 


Les choses apprises par coeur, nous les reproduisons comme des rails qui nous auraient enfantés.


Ici ou ailleurs la vie ne tient qu'à un fil, 
ici ou ailleurs on la veut éternelle identique à elle-même, sécurisante, immuablement égoïste. 
Nos pauvres sens atrophiés peuvent-ils percevoir la richesse du don de l'être, et la simple liberté au coeur de l'homme d'être humain ... 

Pourquoi la vie révèle-t-elle parfois son caractère translucide de miracle de l'instant ? 

Pourquoi a-t-on oublié que tout nous avait été donné ?
Bamako - 1993

30.7.04

entends-tu

entends-tu les traces humides
des sanglots de la joie
le grand vent qui se lève
au creux de l'horizon
qui frôle la surface de la mer
la surface de toute chose
inconnu, invincible
qui emporte avec lui
la douceur
la douceur de n'être rien d'autre
qu'un corps balayé par le vent

VSR
août 1980 devant la mer

liberté

liberté d'aller
liberté d'être
faire un bout de chemin
connaître
connaître les lieux, les personnes
les choses
marcher, marcher
jusque n'en plus pouvoir
et s'arrêter et se coucher là
n'être que poussière
corps contre terre
la plus grande des humilités
VSR

août 1980 devant la mer
 

les mots commencent

les mots commencent à parler

et l'énorme boue qui englue la terre
devient fluide transparente

quand se lève au tréfonds de soi
le rideau noir du doute

le doute du doute
là le centre de la vie

le centre d'où vient la vie
là commence et finit la vie

et tout est à commencer
parce que tout se finit là

tout sera à regarder
à sourire au regard de l'univers
qui habitera découvert

au cœur des choses
au cœur des cœurs

entre les formes
entre les lignes
entre toi et moi
entre moi et toi

à nouveau
toujours à nouveau


VR août 1980
sur la route de Bretagne

26.7.04

que se passe-t-il

que se passe-t-il quand on écrit ?
quelque chose vit à l'intérieur
et on le circonscrit on lui met des mots
on le définit
on peut dire c'est ça
et le reconnaître
mais est-ce que ça continue à vivre en soi ?
et quand les mots ... pullulent...
partout.... ?
des mots extérieurs à nous
que se passe-t-il ?
la question est toute simple :
cette intériorité qui s'y vit, qui s'y épanouit
cette lumière qui inonde la vie
c'est possible que d'autres
l'aient tuée, ou assomée en eux
peut-être à la place ils ont des mots
des milliers de mots prêts à l'emploi
prêts à être plaqués sur n'importe qui
1992



je suis

je suis en désertion aujourd'hui
il ya avait tant de choses qui
naissaient dans le silence
puis
l'harmonie magique
s'est brisée
comme si quelque part
dans ce silence de l'âme
à l'intérieur à l'extérieur
il y avait les réponses
les vraies
un point invisible
d'où tout converge
et diverge
amour
amour au fond
amour profond
1992



laisses

laisses ta tête s'envoler vers des hauteurs incontournables
tout se tait de la violence du monde

le destin d'un homme
d'un enfant d'un être
de toi
de moi

tout se tait

et dans l'indifférence mutuelle
s'accrochent des lanternes

des appétits inassouvis
se sont clos

ils rôdent tout autour
tous autant

ils ne savent plus
qu'ils savaient un jour

un jour de bonheur
quand ils voyaient le soleil
s'embrasser sur les lèvres


VSR

1992




un regard

un regard doux et tendre
s'est posé sur le monde
toute une vie à construire
un instant de paix
un instant de calme
un instant de bonheur
ça compte
même dans toute une vie

1982

24.7.04

pensées éparses

celles-ci naitront... et grandiront... et s'épanouiront... et puis aussi... mourront...
mais il ne faudrait pas qu'elles naissent "mortes-nées".... ou bien qu'elles meurent avant que de n'avoîr pu naître.....



communiquer

Vous avez dit "communiquer" ?
Mais sait-on ? communiquer ? encore ?
cet état si commun à nous tous...
et pourtant tellement en voie de disparition....
....
est-ce en créant ces outils prodigieux de communication que les hommes et les femmes de ce temps là pourront "re-découvrir" (?) cet art basique qui à lui seul fait tout le sel de la vie.... et puis aussi tout le contraire quand les dieux semblent s'y mêler...