Soleil nuages vent froid soleil brins de soleil pluie
un pied devant l'autre - sac au dos - l'énergie dans le pied - un - deux - et ça recommence, inlassablement... La cadence, le pied avance, tout seul et l'autre après, et on devient cette marche, cette danse...
jour après jour on marche tous ; on n'est plus que marche ; certains rient ; blaguent ; d'autres chantent ; notre corps à tous, c'est cette marche cadencée ; les rires des uns sont les rires de tous ; ainsi c'était.
un paquet d'années après - si longtemps et c'est comme si c'était hier
sauf que ce temps là ne reviendra sans doute plus. Alors je me souviens de cela qui fut proscrit, interdit car à part de la modernité. oui. ce fut extraordinaire. on ne cherchait pas le confort. pas de chauffage. pas d'eau. pas de toit. pas de matelas. juste le strict minimum. et on avait le bonheur en prime.
un bonheur qui reste là, planté
tout au fond de moi.
comme une perle incommensurable qui contient toutes les sagesses de la Terre.
C'était juste quelques semaines toutes les trois mois.
juste la jeunesse
on voulait juste respirer le bois mouillé après la pluie
voir l'aube se lever et le soleil se coucher tous les soirs
entendre le crépitement du vent dans les pins et sentir la chaleur des braises nous fouetter le visage tous les soirs.
voir la rosée tous les matins.
et nos regards allaient plus loin
que la ronde des saisons
on ne le savait pas
on vivait cette croyance-là
tue - inaudible
cette fusion avec la nature
avec toute la fougueur de la jeunesse
elle m'est restée pour toujours comme plantée en plein coeur
comme un grand arbre
qui chaque jour
m'ouvre ses grands bras de feuilles et de branches.