8.10.12

rien





pour l'instant rien de spécial
on attends sagement
peut-être rien viendra




ce sera sans doute un signe extra positif
le rien le vide ici ne semble être connu
alors si il est là si grand si explosif si évident si beau si délectable
ce vide là remplit toute une vie :)


16.8.12

se perdre

se perdre
croire se perdre
et savoir qu'on ne s'est jamais perdu

ainsi va la vie

vanité des vanités

poussière entre les poussières

apprendre la bonté
au bord du gouffre

tout donner
tout laisser

s'abandonner
pour être

néant
et plénitude

vie après la vie
vie derrière la vie

25.3.12

le creuset des espoirs

oui, je le sais, le monde s'agite autour
s'agite en un vacarme qu'ils ne savent plus assourdissant
et ici
c'est le creuset des espoirs
c'est l'espace des repossoirs
c'est la joie qui naît et renaît
pour un rayon de soleil
une caresse du vent
pour ce bonheur
qui me prend toujours
au dépourvu
toujours plus grand
plus vaste

et il m'emmène
sur sa route
il me soulève de terre
et me fait re-rentrer dans la vie
celle qui est toujours là
mais à laquelle on ne prête pas attention

aimer c'est se rejoindre
sans jamais savoir
quand on se rejoindra
en laissant cette possibilité de se
disjoindre à tout moment...

26 mai 1987

18.3.12

détente

détente de tout
le corps et l'âme
qui vient d'où je ne sais
espèce de miracle d'"être"
chaque instant
conscience des choses
de la limite subtile des choses
perception de plus loin que le savoir actuel
appris intégré exhibé
sensation d'aimer la vie tellement
tellement
ce soir je sais de nouveau
le "vrai" des choses
j'avais oublié
comment cela s'est-il produit ?
je ne sais pas
comment ? pourquoi ?
pour connaître cette joie
de me retrouver moi bien moi
mon chemin
rien que le mien
pas celui qu'on nous voudrait suivre
subtilement par médias interposés
accumulés béatement dans nos cerveaux
assombris amollis en conformités
être moi et c'est tout
et c'est comme ça
ça sera comme ça
et c'est tout simple
et ça fait tellement du bien
d'être soi-même
de ne plus se casser la tête enfin
de re-découvrir ce bonheur simple
d'être tout simplement en vie,
comme si la plupart du temps, on vivait
sans le savoir vraiment.

juin 1987

11.3.12

liberté totale

liberté totale
liberté intrinsèque
liberté d'être enfin à moi
de m'appartenir
d'être enfin comme encore un peu plus....
et de retrouver comme toujours,
comme à chaque fois,

 
au creux du silence,
au plus creux du creux d'un vide apparent
comme un souffle
comme le souffle premier de tout
celui qui n'a pas de nom dans notre langage
on peut l'appeler la source
la source en elle-même,
le début et la fin de tout,
mais ce n'est pas une fin
ni un début
l'essence de tout
l'essence de l'essence,
notre essence
comme si on provenait tous de la même "entité", "force", quelque chose de certes insaisissable,
mais bien réel

10 juin 1987

22.2.12

joie

il y a la joie
il y a une joie
il y a eu la joie
il y a des endroits avec joie
il y a des endroits sans joie
il y a même beaucoup de semblants de joie
c'est cela


fragile montée de la joie
à la jointure de nos os


15.2.12

un paquet d'années

Soleil nuages vent froid soleil brins de soleil pluie


un pied devant l'autre - sac au dos - l'énergie dans le pied - un - deux - et ça recommence, inlassablement... La cadence, le pied avance, tout seul et l'autre après, et on devient cette marche, cette danse...

jour après jour on marche tous ; on n'est plus que marche ; certains rient ; blaguent ; d'autres chantent ; notre corps à tous, c'est cette marche cadencée ; les rires des uns sont les rires de tous ; ainsi c'était.

un paquet d'années après - si longtemps et c'est comme si c'était hier


sauf que ce temps là ne reviendra sans doute plus. Alors je me souviens de cela qui fut proscrit, interdit car à part de la modernité. oui. ce fut extraordinaire. on ne cherchait pas le confort. pas de chauffage. pas d'eau. pas de toit. pas de matelas. juste le strict minimum. et on avait le bonheur en prime.
un bonheur qui reste là, planté
tout au fond de moi.
comme une perle incommensurable qui contient toutes les sagesses de la Terre.
C'était juste quelques semaines toutes les trois mois.
juste la jeunesse
on voulait juste respirer le bois mouillé après la pluie
voir l'aube se lever et le soleil se coucher tous les soirs
entendre le crépitement du vent dans les pins et sentir la chaleur des braises nous fouetter le visage tous les soirs.
voir la rosée tous les matins.

et nos regards allaient plus loin
que la ronde des saisons
on ne le savait pas
on vivait cette croyance-là
tue - inaudible
cette fusion avec la nature
avec toute la fougueur de la jeunesse
elle m'est restée pour toujours comme plantée en plein coeur
comme un grand arbre
qui chaque jour
m'ouvre ses grands bras de feuilles et de branches.

1.2.12

"L'important, c'est la rencontre ; dans les dérives parallèles de nos vies, l'imminence d'un clinanem toujours possible, jamais certain.
La rencontre, ce n'est pas utopique, ça aura lieu quelque part, quelque jour proche. Ce n'est pas le rêve d'un futur mythique qui trouverait son origine dans une promesse passée, le cercle vicieux du paradis perdu, à retrouver. La rencontre, c'est beaucoup plus modeste, plus terre à terre, c'est lévénement toujours possible jamais certain, dont l'attente empêche les individus de se suicider et les sociétés de se disloquer.
L'amour avait passé, mais passerait-il jamais tout à fait. L'amour en attente, en dépôt quelque part, l'amour perdu, l'amour quand même.
Il pouvait y avoir de l'amitié dans l'amour et quelque chose de l'amour dans l'amitié. Et autant l'amitié réussissait bien à l'amour, lui permettant parfois de se survivre et de se sublimer de s'épurer dans le temps. "


Extrait de "Quelqu'un cherche à vous retrouver" de Marc Augé.