4.8.04

parles moi

parles moi
racontes moi les émois
dissimulés à force de tant de faux sourires
de tant de galanteries mal placées
de faux semblants sociaux


il est toujours temps
de renouer les neurones éteints

racontes n'importe quoi
n'importe quelle sottise - que tu crois -
qui traverse ta tête endolorie
mais belle quand même
ne t'inquiète pas

batis-toi un empire de lumière
contre leurs défaites invraisemblables
contre leurs insensés échecs
en forme d'assurances tempétueuses
malhabiles invertébrés
leur colonnes vertébrales
les ont désertés pour un temps certain

n'attends pas de les revoir
debouts comme un homme
qui avouerait avoir froid la nuit

rayonnes en secret de ta vie solitaire
qui n'a pas oublié
les quelques regards d'éternité
à jamais vivants

à jamais vivants
réveilles les souvenirs gisants
qui t'attendent à toute heure
et enveloppes-toi de la poussière
de leur sillage

VSR
août 1989