4.8.04

au fond

Au fond de la laideur git le souhait...
de qui, de quoi ?
nul le sait plus
nul ne le saura plus dans cet univers si bruyant

et si vide d'étincelles
et tout s'en va
plus rien n'existe de cette force de vaincre
tout est là et repus
ceux qui passent ne se savent plus

dépossédés de la connaissance ultime
de parler juste
juste parler
dire des mots qui viennent

comme de brillantes perles d'eau

mais la mémoire s'est perdue à jamais
et dans le château-fort, qui entend

geindre des troupes au fond du labyrinthe ?

rires et tracas se mêlent
dans une atmosphère aseptisée
tristesse indicible se lit aux fonds des éclats


et on se bat pour se défendre, se protéger
pour en définitive ne plus exister
ils passent et repassent yeux vides
regards glauques statu quo de l'indifférence déchaînée
des propos ravageurs
sortilèges d'arguments en flêches pour combler
leurs appétits en déroute


savoir soudain voir clair dans cet univers de néant
savoir tout simplement trouver cette porte
si frêle si invisible à travers leurs yeux justiciers

savoir soudain la simple simplicité de vivre
et que tout est là et bien là bien en deça bien audelà
des propos mystificateurs des haines larvées cachées
des cris des enfances meurtries


tout est là et bien là
dans chaque minute soleil

un univers à faire renaître
un sourire à inonder
une croyance que l'on croyait vaine à ressusciter
cette joie si ancienne
qui habite encore au fonds des os
à réveiller

dans chaque instant mystère
un nouveau soleil à enfanter
des confetis d'émotions pulvérisées
à réaccorder avec l'harmonium
de ces labeurs dénigrés

il est là le temps soudain là
offert immédiat à nos âmes sensibles

le temps venu imprévu impromptu
de sésensabler nos fols désirs
plus sages que ces raisons en déroute
toute folie un lambeau de vie
qui laissera un sillage d'étoiles
elles parsèmeront les jours engourdis
elles reviendront les lucidités déterminées
....
bien loin
dans la lassitude de l'ignorance trop tôt retrouvée
...
elles illumineront quelques instants
fragments du temps enfin en dominance
VSR
1992