Au fond de la laideur git le souhait...
de qui, de quoi ?
nul le sait plus
nul ne le saura plus dans cet univers si bruyant
et si vide d'étincelles
et tout s'en va
plus rien n'existe de cette force de vaincre
tout est là et repus
ceux qui passent ne se savent plus
dépossédés de la connaissance ultime
de parler juste
juste parler
dire des mots qui viennent
comme de brillantes perles d'eau
mais la mémoire s'est perdue à jamais
et dans le château-fort, qui entend
geindre des troupes au fond du labyrinthe ?
rires et tracas se mêlent
dans une atmosphère aseptisée
tristesse indicible se lit aux fonds des éclats
et on se bat pour se défendre, se protéger
pour en définitive ne plus exister
ils passent et repassent yeux vides
regards glauques statu quo de l'indifférence déchaînée
des propos ravageurs
sortilèges d'arguments en flêches pour combler
leurs appétits en déroute
savoir soudain voir clair dans cet univers de néant
savoir tout simplement trouver cette porte
si frêle si invisible à travers leurs yeux justiciers
savoir soudain la simple simplicité de vivre
et que tout est là et bien là bien en deça bien audelà
des propos mystificateurs des haines larvées cachées
des cris des enfances meurtries
tout est là et bien là
dans chaque minute soleil
un univers à faire renaître
un sourire à inonder
une croyance que l'on croyait vaine à ressusciter
cette joie si ancienne
qui habite encore au fonds des os
à réveiller
dans chaque instant mystère
un nouveau soleil à enfanter
des confetis d'émotions pulvérisées
à réaccorder avec l'harmonium
de ces labeurs dénigrés
il est là le temps soudain là
offert immédiat à nos âmes sensibles
le temps venu imprévu impromptu
de sésensabler nos fols désirs
plus sages que ces raisons en déroute
toute folie un lambeau de vie
qui laissera un sillage d'étoiles
elles parsèmeront les jours engourdis
elles reviendront les lucidités déterminées
....
bien loin
dans la lassitude de l'ignorance trop tôt retrouvée
...
elles illumineront quelques instants
fragments du temps enfin en dominance
VSR
1992